Respire
Ce seule-en-scène de et avec Geneviève Damas aborde avec humour et tendresse la question de l’argent – de l’(im)possibilité de le dépenser – et de l’autonomie des femmes. Au départ de son histoire familiale, la comédienne tente de comprendre comment une incapacité quotidienne révèle les traces de la grande Histoire dans les destinées humaines.
Respire est une histoire vraie. Il raconte comment nos vies sont tissées d’autres vies. Comment mon rapport à l’argent est directement lié à la manière dont la famille de ma mère a traversé la guerre. Respire est un texte tragi-comique qui transforme ma mère en héroïne d’une résistance sourde et tenace ; où mon père fait office de sauveur malgré lui. Une petite histoire fracassée par la grande. À la fois ridicule et étrangement belle Qui dit que ce qui a été impacte ce qui est Où la mort n’est pas aussi définitive que ce qu’on imagine. Il y a mon grand-père qui amasse Ma grand-mère sans dot L’oncle mort sur le front de l’Yser L’arrière-grand-père qui fuit en Angleterre Le cousin qui se mêle de ce qui ne le regarde pas Et des femmes qui thésaurisent Qui comptent Les poings serrés pour que rien ne leur file entre les doigts.
Comment l’argent structure-t-il une famille ? Une femme interroge son rapport à la richesse et à l’héritage. De quoi est-on riche ? De ce que l’on offre ou de ce que l’on reçoit ? De ce qui sonne et qui trébuche ? Ou de ce qui est impalpable, l’héritage culturel, intellectuel, voire génétique ?
Respire appartient au registre de l’intime, du secret, et affirme un rapport de proximité avec le public. En interlocuteur privilégié, celui-ci entre dans les pensées et les souvenirs de la narratrice, par l’intermédiaire de ses mots, des diapositives familiales et des bribes de musiques. Au travers d’une histoire singulière, un fragment de l’histoire de la Belgique au 20ème siècle se révèle et touche tout·e un·e chacun·e. À la fois histoire vraie, confession, fumisterie et théâtre, l’autofiction se déploie, soutenue par la création musicale originale et enveloppante du compositeur Fabian Fiorini. Un spectacle en forme d’hommage, un devoir de réparation à ses pairs.
Un spectacle de la Compagnie Albertine, en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs, Le Vilar, La Coop asbl et Shelter Prod | Une production déléguée du Théâtre Les Tanneurs | Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service du Théâtre | Avec le soutien du Taxshelter.be, ING et du Tax Shelter du gouvernement fédéral belge | Geneviève Damas est artiste associée au Théâtre Les Tanneurs.