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Les Géants de la montagne

Luigi Pirandello


 

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Dernière pièce de Luigi Pirandello, inachevée, Les Géants de la montagne exerce sur qui aime le théâtre une fascination singulière et unique. Au soir de sa vie l'écrivain qui ne s'est jamais posé d'autre question que celle des frontières, entre réalité et illusion, installe l'action dans une villa délabrée, isolée dans la montagne, royaume de Cotrone, magicien qui règne sur le monde des Scalognati (les Guignards), monde où les pantins ont une âme, monde arraché au music-hall ou au cirque avec son nain et sa femme à l'ombrelle. Arrivent un jour des comédiens, une troupe conduite par une comtesse qui veut jouer la pièce d'un jeune poète disparu tragiquement et cherche au hasard des chemins, comme une déclassée, avec sa troupe un sens à son existence. On ne fera qu'entendre les géants, le grondement de leurs pas dans la montagne...

Mais que représentent aujourd'hui ces Géants de la montagne? Viennent immédiatement à l'esprit tous les fléaux du monde moderne, de l'impérialisme militaire aux fanatismes de tous bords, des injustices économiques et sociales à échelle mondiale aux terrorismes les plus sanglants: toutes formes, à des degrés divers, de négation des valeurs de l'art et de la vie. Voilà sans doute ce qui donne à la pièce de Pirandello, non pas une actualité brûlante, mais une inactualité nécessaire. Inactualité qui la rend aussi apte à embrasser des sentiments universels qu'à défendre, par la puissance de ses images, tout ce qui fonde l'homme dans son humanité. Mettre en scène Les Géants de la montagne n'est-ce pas, en ce sens, faire acte de résistance, théâtralement, poétiquement? Résistance qui a su rassembler, dans ses rangs une assemblée de courageux, qui chaque soir, veulent encore nous faire croire au théâtre en nous offrant, pourtant, le spectacle de son anéantissement... Tel est le paradoxe des Géants de la montagne, et sa sublime vérité.

Seuls le rêve, la vérité des rêves, la fantaisie, l'imagination peuvent nous permettre d'affronter la brutalité de la réalité et nous donnent les moyens de résister aux géants de la montagne, qui sont les puissances du mal. Il suffit de croire, comme croient les enfants. Pas de salut hors la poésie, hors l'art, hors le théâtre et sa magie.

Une pièce mythique, un enchantement, un grand spectacle fellinien, une histoire fascinante, des personnages étonnants, un environnement décoratif et musical, costumes, masques et "une troupe" rompue à toutes les disciplines qui vous entraîneront dans le monde du rêve...

Il n'y aura plus qu'à se laisser aller.


Interprétation : Maxime Anselin, Barbara Borguet, Toni D'Antonio, Isabelle De Beir, Gauthier de Fauconval, Jaoued Deggouj, Daniel Dejean, Dolorès Delahaut, Karen De Paduwa, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Bernard Marbaix, Laure Renaud Goud, Sylvie Perederejew, Hélène Theunissen...

Traduction : Jean-Paul Manganaro
Mise en scène et scénographie : Daniel Scahaise
Assistanat à la Mise en scène : Céline Schmitz
Musique originale : Daniel Dejean
Mouvements chorégraphiés : Jean-Louis Danvoye
Création vidéos : Vincent Pinckaers
Costumes : Anne Compère
Maquillages : Patricia Timmermans
Coiffures : Laetitia Doffagne
Régie/Lumières : Bruno Smit
Régie plateau : Cristian Gutierrez Silva

Un spectacle de Théâtre en Liberté en coproduction avec le Théâtre de la place des Martyrs